15.4.11

Quand la solitude

C'est vraiment un temps magnifique dehors, 20 degrés, soleil chouchant sur les Iles du Frioul, ces iles emplies d'histoire réelle et aussi imaginaire (qui n'a pas lu Monte Cristo de Hugo?)

Il est 20h30, j'ai un tas d'amis ici maintenant, des mamans de substitution comme je dis, des gens que j'adore et que je ne pourrai jamais oublier. Mais la réception d'un mail m'en rempli de joie et de terreur: la liste de garde de Montréal...

Il est formidablement drôle de constater combien ce choc de réalité remonte tant de sentiments à la surface, tant d'émotions qui ne peuvent se contenir qu'en contemplant plus ce magnifique soleil couchant, un verre de vin blanc à la main et se dire, simplement:

«Je reviendrai bientôt, enfin, enrichie de tant de choses, mais après avoir dû quitter tant de moi...»

Avec du retard, je partagerai avec vous la champagne, je crois que les bulles s'imposeront un jour, pour me faire oublier ou pour fêter...

Je vous embrasse tous!!

14.4.11

La champagne, plus durable qu'une simple bulle...

Si je devais choisir une région de France où j’aurais aimé naître, ce serait la Champagne. Pour sa majesté, son terroir, sa volonté d’être ce quelle est peut-être au détriment de ce qu’elle pourrait être. C’est une opiniatreté qui me rejoint. Une majesté quasi britannique dans cette volonté de conserver une tradition vivante.




C’est une région formidable qui se déguste comme le champagne. Visiter les crayères est une expérience que je recommende à tous mes amis non claustrophobes Ces endroits frais, fermé, source de tant d’émotions, de tant d’Histoire sont à découvrir comme on trouve soudainement tant de saveur dans ces bulles pluricentenaires. Dire qu’un moine eu à ce moment béni la brillante idée d’intégrer des concepts de la bière dans la fabrication du vin tranquille!!!


Mais la Champagne fut teintée pour moi d’une grisaille : dernier voyage avant le retour au pays de ma grandesoeur, mon phare, mon oreille… Plus de bulles comme disent mes amis, les bulles effacent tout, même la peine ou la mélancolie.

Quelqu’un veut un peu de champagne?



9.4.11

Une réflexion de mi-

12 avril, la mi-fellow est maintenant derrière moi. La mi-temps, moment où les joueurs rentrent au vestiaire pour se dire les quatre vérités et se préparer à l’ultime période de jeu. Le mi-mandat, moment de vérification des promesses et divers plans de match pour continuer ou rajuster le tir. La mi-fellow, un instant de rétrospective

Les quatre couches du fellowship

Je vais analyser cette expérience comme s’il s’agissait de la sommation de quatre couches, indépendantes les unes des autres et à la fois interdépendantes. Débutons comme les ondes, débutons au centre…

Le noyau : l’anesthésie pédiatrique

On me dira que l’Amérique du Nord donne une expérience plus concrète, plus adéquate, plus scientifiquement valable que l’Europe… Pour l’organisation, je ne peux nier qu’il y a dissociation entre l’organisation des curriculums (en DIU) et le travail hospitalier. Par contre, la discussion, la variété des cas, la complexité de ceux-ci ne sont pas en reste. De plus, la débrouille prime et le matériel dans le système public est souvent limité, contrairement au système américain. Une défaillance d’un point de vue qui devient une force pour qui sait l’exploiter.

Ainsi, l’expérience professionnelle, si l’on considère le noyau qu’est l’anesthésie, est particulière et irremplaçable. M’apprendra-t-elle autant que je l’aurais aimé? Probablement pas, on aimerait tous sortir du fellow blindé, sûr et parfait : mais quelques mois ne peuvent remplacer l’acquisition de quelques années…

La seconde couche : la situation professionnelle

Un peu plus amère comme couche, celle-ci comprend toute la situation professionnelle qui entoure l’acte lui-même. Statut d’étranger dans un système particulièrement différent d’un point de vue idéologique, ce n’est guère facile pour son propre sens éthique ou pour son ego de professionnel.

L’apprentissage de l’inefficience à la Marseillaise est difficile : il ne faut pas confondre culture et mauvaise volonté. Des dossiers non centralisés, souvent incomplets et inaccessibles en dehors des heures de bureau, des praticiens souvent démunis face à la complexité du système et des pathologies, des suivis erratiques par la situation géographique, des coursiers qui disparaissent 15 min avant la fin de leur quart ou pendant le quart s’il y a match… C’est la culture marseillaise, l’assistance publique est gérée selon un grand principe : c’est un organisme ingérable! Vous lancez une idée et s’il y a adhésion suffisante, cela se fera mais inutile de tenter la persuasion ou l’explication, ce n’est ni la logique ni la force d’un projet qui en détermineront le succès parmi les employés.

La seconde couche, la plus difficile et celle qui me pose encore le plus de soucis et de grincements de dents!

La troisième couche : le social

Ah là, quelle expérience humaine de se retrouver dans un environnement dont une bonne partie de la société a une éducation et des balises socioculturelles différentes des vôtres! Bon, la différence n’est pas majeure (quoique parfois, à Marseille…) mais cette rencontre de l’autre est un point central à conserver, à explorer, à retenir. Éviter le jugement est difficile mais pas impossible si l’on accepte, malgré l’accent bien reconnaissable, l’espace d’un moment, de devenir partie de ce magma et de discuter avec les gens du boulot, de la rue sans comparaison aucune. De discuter de la vie d’Endoume, de Marseille, des Bouches-du-Rhône, de discuter du présent sans présumer ou se soucier du passé… Alors là, les amis, justement, c’est ce moment où l’on trouve ses amis et où l’on se découvre plus que jamais!

La dernière couche : les voyages!

Cette partie fait rêver, fait haïr ou porte un préjugé négatif sur la qualité du noyau. Et pourtant, partie infime, agréable mais secondaire. On en profite par proximité, mais aller à Barcelone n’est pas différent d’aller à Québec pour un week-end, et bien que pour nous cela semble exotique, traverser la France n’est pas plus long que se rendre à Toronto, Windsor ou New York… La proximité, c’est tout, mais c’est tellement plus facile et agréable à raconter que les journées de boulot, de farniente sur la plage ou devant la télé ou de marche dans les Calanques, à 30 minutes d’auto…

Voici un peu mes réflexions, décousues comme je le suis souvent, mais servies avec un grand sourire et un rire tonitruant comme diraient certains de mes collègues ici! J’ai bien hâte de vous raconter tout en détail, avec renfort d’illustrations, à mon retour dans ce pays où vivent tant de gens que j’aime tant!

7.4.11

Cinque Terre et Ligurie

Cette minuscule région d'Italie s'imprique parfaitement dans celle plus vaste de la Ligurie. Terre de pêcheurs et de grands constructeurs (Gènes et ses trompes-l'oeil, ses bateaux, Pise et sa fameuse tour...), ces petits villages à flanc de falaise, colorés pour attirer le regard, sont des bijoux d'architecture urbaine qui allient le pratique d'un peuple se nourrissant de la pêche à la conquète de ces criques que l'on pourrait qualifier d'inhospitalière à l'installation humaine.
Mais la Ligurie ne se résume pas à ces cinq villages. Vous ai-je déjà dit que ma soeur a une fascination pour les aquarium? Je dois avouer que jusqu'à l'Aquarium de Gène, aucun n'a pu me montrer les racines de ce goût, de cette adoration pour ces musées vivants où le paisible, le grotesque et la beauté de la vie marine se côtoient dans une sérénité que seuls les cris des enfants semblent vouloir troubler.Peut-être aussi cette visite à l'Aquarium permit de se sortir de l'eau tout en la contemplant. En effet, pendant notre présence en terre d'Italie, les Cinque Terre auraient pu se nommer les Cinque Mare tellement la pluie a été présente tout au long du séjour.

Mais bon, au moins, ai-je pu tester les qualités imperméables de mon gortex!

Qui va piano va sano

La Corse ne se résume pas, elle ne s'écrit pas, elle ne se décrit pas non plus: elle se vit dirait les habitants. Mais elle se vit à son propre rythme lent (qui contraste avec la vitesse que prennent les Corses sur les routes sinueuses)...

Terre de pâturage pour le nombreux bétail qui peuple l'île, terre de roche riche et d'eau, un ensemble improbable et pourtant si magique! Elle mérite vraiment son titre d'île de Beauté.




Mais n'oublions pas les Corses eux-mêmes, peuple fier s'il en est un, à l'attitude teigneuse bien connue (que ceux qui adorent Astérix en Corse se lèvent ;) ). L'Histoire de l'île est en effet bien particulière: vue depuis les temps anciens comme un joyau à posséder, tant par ses richesses propres que sa localisation. Phocéens, Gènois, Grecs, Français, Italiens, tous ont voulu ou possédé cette terre. Les villes modernes côtoient donc les vestiges de ces différentes époques, entourées de fleurs, de lumière et de cette insouciance qu'apporte le soleil de la Méditerrannée.


Mais le soleil si radieux se couche sur les Sanguinaires, bonne nuit à tous...

Londres, la claustrophie so lovely



Avez-vous déjà vécu cette sensation de claustrophobie au grand air, de manque d'air non pas par l'exiguité de l'endroit mais par l'abondance d'un élément du décor? À Londres, c'est vraiment la foule, malgré la température hivernale (pour 2 Marseillaises d'adoption), qui vous empêche de respirer. Tant par son abondance que par sa diversité.

Comme un plongeon dans des eaux trop froides, cette sensation n'est que passagère. Une fois prise dans les remous et différents courants, c'est une atmosphère et une ville magnifique qui se révèle avec pudeur, so british, so lovely dirons nous...

On y rencontre des gens formidables, des vieux amis et des nouveaux, autour d'une bonne pinte, dans un de ces pubs dont on ne pourra jamais se rappeler du nom sans oublier une seule seconde l'ambiance enveloppée de boiseries. On y voit des monuments d'histoire qui côtoient une volonté de modernité qui ne souffre aucune limite.

Décidément, c'est une ville qui vous saoule, que vous le vouliez ou non! Mais qui vous laisse des souvenirs impérissables!!

8.2.11

Barcelona, bella donna de mi amor!

Si vous fermez les yeux et que vous concevez en votre for intérieur le paradis de l'architecte croisant le paradis de l'épicurien, je crois que beaucoup penseront à Barcelone. Cette pensée vous assaille dès que vous sortez du métro Passeig et déambulez tranquillement sans pouvoir jamais regarder le trottoir tant votre regard est attiré vers le haut...


Il est en effet difficile de résister à Barcelone car tout le monde y trouve son compte. Des immeubles flamboyants, magnifiques, des paysages fantastiques, des parcs intéressants et rafraichissants, de riches musées et une night life à couper le souffle!!

L'immeuble phare de cette ville reste et restera pour les prochaines années la Sagrada Familia, cathédrale magestueuse et biscornue, ode à la foi mais aussi à la folie des grandeur. Elle n'est d'ailleurs toujours pas terminée: la fin de la construction est prévue en 2023. Mais cette lente gestation est nécessaire pour ce temple d'une complexité inouïe, d'une audace folle: Gaudi mettant en pierre et en verre la relation de l'homme avec Dieu dans toute sa splendeur!

Et plus loin, dans le grand Musée de la colline, à Montjuix, un autre grand Catalan, à l'esprit aussi retors et génial, vous regarde et vous propose son univers, une autre sorte de foi, en la force de l'esprit et surtout en la complexité de la pensée humaine
Aurai-je oublié de le mentionner? Gaudi est mon nouveau héro, Architecte parmis les architectes!! Dali garde sa place de chouchou par contre... Donc un blog tout en photo pour vous régaler un peu de cette merveille qu'est Barcelone!